La tombe de Adrien Ertaud (1808-1896) , grand-père maternel de Ernestine Bureau et de son épouse Stylitte Bessac est la voisine, on
apprendra plus loin la raison de cette proximité, de celle de Pierre Bureau le frère de Jean Bureau, en compagnie de son épouse Hortense Lancelot et
de sa fille Jeanne. En face delle se trouve la tombe de leur fille Laure en compagnie de son mari Aristide Briand et de ses enfants. Létat dabandon de
la plupart de la plupart des tombes maintenues en place par leur statut de Concession à Perpétuité témoigne que leurs descendants ont émigré depuis
longtemps vers des métropoles éloignées de leurs racines.
Le privilège de pêche
Les habitants de Trentemoult bénéficiaient dun privilège de pêche en Loire qui peut fournir le fil conducteur de la vocation maritime de
Trentemoult
et par ricochet de celle de Vertou. Ses habitants ainsi que ceux de Bouguenais et de la paroisse de Ste Croix au cur historique de la
ville de Nantes, bénéficiaient depuis le début du XIVème dun privilège de pêche couvrant lEstuaire de la Loire de Ingrandes jusquà Paimboeuf. Ce qui
leur permettait daller pêcher en mer au large de la presquîle guérandaise et dans la baie de Bourgneuf. Leur zone de pêche en mer couvrait donc un
triangle formé par l'Ile d'Yeu, Belle-Ile et Paimbeuf. Leur zone de pêche bordait deux zones de production de sel, au nord de la Loire les marais de
Guérande et au sud ceux de Bourgneuf. Avec leur quasi privilège de circulation sur l'Estuaire de la Loire nos ancêtres trentemousins exerçaient une
sorte de contrôle sur la circulation de deux produits importants : le sel el le poisson.
En contrepartie de ce privilège la corporation devait payer une redevance à qui de droit. Il faut rappeler que sous lAncien Régime, peu centralisé
et peu administré, les services publics et les ouvrages dart étaient à la charge des autorités locales : monastères, églises, communes, seigneuries. A
charge pour chacune de prélever sur le dos des usagers les sommes nécessaires à la couverture de son budget de construction et dentretien. La
ressource de pêche riche et abondante était taxée au même titre que le sel ou le bétail
et c'était aux pêcheurs d'acquitter les redevances auprès
de l'autorité concernée. En contrepartie de ce prélèvement fiscal leur droit de pêche était protégé et défendu pied à pied par ses bénéficiaires,
comme le montrent leurs innombrables démêlés judiciaires.
Les habitants du Chêne et de la Barbinière à Vertou bénéficiaient de privilèges comparables pour la pêche et la batellerie. Ils acquittaient les
droits correspondants au seigneur du Pallet. La corporation de charpentiers de navires obéissait également à des règles corporatistes très strictes.
Ces privilèges ont eu comme effet de spécialiser certains villages, quartiers ou familles dans des métiers bien précis transmis jalousement de
génération en génération. Ils ont contribué à enraciner dans nos villages fluviaux et dans nos familles d'origine une spécialisation maritime et para
maritime.
Les monnayeurs de Trentemoult
Les habitants des Iles de Rezé, notamment ceux de la Haute Ile, avaient une particularité curieuse. Certains bénéficiaient du privilège
d'exercer le métier de monnayeurs à lHôtel de la Monnaie à Nantes. Celui-ci qui existait depuis le plus haut moyen âge était un instrument
indispensable pour jouer son rôle de Cité marchande. Situé en plein coeur de son centre historique on y frappait des monnaies, mais on y ouvrageait
aussi des pièces dorfèvrerie indispensables pour faciliter les échanges et matérialiser la réussite financière des négociants et bourgeois nantais.